vendredi 12 novembre 2010
Monster in ze blog
Mais là je dois répondre à un article paru chez une amie alors je vous en fait profiter puisque ça peut interesser certains d'entre vous et que c'est trop long pour faire un simple commentaire.
Bon, tu rentres dans le débat hyper classique de l'adaptation et surtout celui, peut-être un peu moins présent, de la reprise.
C'est un phénomène peut-être finalement moins européen qu'américain où la reprise de personnages est beaucoup plus aisé (l'industrie des comics par exemple). Pour ce qui est de l'adaptation, c'est assez souvent la même chose: c'est mauvais ou c'est pas mal mais il manque quelque chose. Pour Black et Mortimer, on est dans le second cas. Et comme tu l'as dit dans ton article, c'est ce cher Olrik qui trinque. Un manque de classe certain. Pourtant l'adaptation est plutôt réussie. Mais il y a d'autres exemples où cela marche aussi: Fight Club, Shutter Island et Watchmen sont par exemple adapté très fidèlement en film et gardent toute la saveur du livre originel.
On entre ensuite dans le domaine de la création originale à partir d'une oeuvre existante. Cette fois-ci, il faut s'approprier l'essence même de l'original et y apporter sa propre touche. Et c'est particulièrement difficile. Pour continuer sur les passages au cinéma, je vais continuer sur les super-héros et te parler de Hellboy. Del Toro a repris le personnage de Mignola, il a compris ce qu’il fallait comprendre mais a préféré écrire sa propre histoire, gardant ce qui l’intéresse (les personnages, l’histoire même du héros, son origine et une bonne part du style), en coupant une partie (atténuation de l’importance des légendes traditionnelles européennes) et ajoutant sa touche perso tout aussi retrouvable dans le reste de sa production (le bestiaire, le rythme et l’humour). Bref, une adaptation/re-création réussie. Et la même réflexion peut être faite sur le Dark-Knight originel. Et aussi, il est vrai, de son adaptation cinématographique.
Revenons maintenant à notre sujet de départ, Black et Mortimer. Cette fois-ci, je n’accroche pas à ce qui a été fait après Jacobs, que cela soit en BD ou en DA. Pour moi, l’essence même de l’œuvre originelle n’est plus là et il manque ce qui fait tout son intérêt. Je suis donc bien d’accord avec tout ce que tu as dit. Black et Mortimer, c’est un savant mélange. Il faut : de l’humour, de la SF (finalement, ce n’est que cela dans beaucoup d’épisodes, de la bonne vieille SF bien pensée. D'ailleurs, cette fois-ci c'en est, non Ernest?), un méchant classe, de l’aventure, nos deux héros et surtout un superbe style d’écriture. Il n’y a donc pas de place pour le fantastique pur ce qui est le principal souci des épisodes créés juste pour les DA. Ces épisodes peuvent être agréables, bien écrits et haletants, ce ne sera jamais du Black et Mortimer. Qu’ils laissent ça à Luc Orient !
Voilà, en gros ce qu’il y avait à dire sur cet article. Un dernier ajout quand même, qui s’en éloigne un peu pour parler d’Edgar P. Jacobs. Il a finalement fait bien peu de chose créé par lui-même mais je ne peux que vous conseiller de lire Le Rayon U. Pour moi, c’est une véritable introduction à Black et Mortimer. En effet, on y retrouve tout : le même style (ça reste brouillon mais on sent que ça vient), un duo aventurier/chercheur, un serviteur indien, un grand méchant classe, un monde secret avec d’autres humains et des animaux merveilleux. Et là dedans, on met de l’enquête, de l’aventure, de l’espionnage et de la « politique locale ». Et ce ne sont là que quelques uns des éléments de ressemblance : on a sous les yeux une première mouture de ce qui donnera plus tard L’Enigme de l’Atlantide ! Donc, pour les fanatiques de B&M, allez jeter un œil à cette BD : Le Rayon U.
Autres séries (un peu plus récentes, 70’s pour la plupart), vous pouvez jeter un œil à Bernard Prince (un marin aventurier), Luc Orient (SF contemporaine mettant en jeu un commando de barbouzes), Valerian (du space opéra extraordinaire), Simon du Fleuve (post-apo) et Bruno Brazil (SF contemporaine alternant entre E.T. et explication logique). Pour moi toutes ces séries font parties des héritières de Black et Mortimer.
PS: désolé pour le style et l'orthographe mais j'ai écrit cela comme ça venais et je n'ai pas le courage de me relire là maintenant tout de suite....
PPS: Pas envie de faire des articles dessus mais The Social Network, c'est très bien et L'Homme qui voulait vivre sa vie c'est plutôt moyen... Ha! Et ya Rubber qui vient de sortir et qui a l'air vachement bien, jugez plus tôt:
"Dans le désert californien, des spectateurs incrédules assistent aux aventures d'un pneu tueur et télépathe, mystérieusement attiré par une jolie jeune fille. Une enquête commence."
samedi 15 mai 2010
Lectures diverses
Pour revenir à ce dont j'avais parlé dans un billet précédent, j'ai continué Walking Dead (v. 2), The Boyz (v. 2) et Hellboy (v. 2 et 3). Le premier, ça bouge pas. Toujours très classique et assez lassant. On attend du neuf et ça vient pas. J'ai un poil décroché mais la dernière page du volume 2 laisse présager du bon. Le second propose un second volume beaucoup plus faible que le premier. Et ce n'est pas seulement du à la perte de l'avantage "découverte". Apparemment ça remonte ensuite, je verrai bien. Hellboy par contre, ça reste une tuerie. Je suis toujours fan de ce mélange entre perso fun, super héroïsme, espionnage et mythes divers et variés. Vraiment indispensable.
Bon, maintenant, les nouvelles lectures que l'on commence avec un classique de la science fiction: Fondation d'Isaac Asimov. L'Empire humain devient décadent et s'effondre petit à petit, revenant des millénaires en arrière. Seulement, un homme avait prévu cela grâce à sa science, la psycho-histoire (visant à connaître à l'avance l'avenir et ses grands mouvements). Sachant qu'il ne pourrait lutter contre cela, il a créer Fondation, une organisation visant à accélérer le retour vers une unité humaine (planifiant ainsi tout un millénaire). Le premier livre montre les étapes qui démarrent ce processus en suivant des personnages majeures de diverses époques. Donc, c'est un très bon bouquin, où le terme de science-fiction a tout son sens (toutes les nouvelles technologies sont expliquées et ont un sens) et où tout s'enchaîne à merveille. C'est d'ailleurs là aussi le principal reproche que je ferai à cet ouvrage : il est finalement assez prévisible une fois que l'on a saisi la mécanique utilisé par Asimov. Mais cela ne gâche guère le plaisir d'un ouvrage au style irréprochable et qui n'a pas vieilli. Donc un auteur incontournable mais j'ai pris plus de plaisir à lire Les Robots ou Flûtes, flûtes et flûtes !
On passe maintenant à une autre oeuvre référence avec Initiation à la littérature fantastique de Todorov. Bon, là c'est de la théorie littéraire. Un brin rébarbatif parfois, il ne faut pas se le bouffer en une seule fois je pense. Et il faut avoir le temps de bien le digérer après. Mais une fois que l'on a réussi, c'est très intéressant. Une analyse poussée de ce type de littérature, ses fondements, ses utilisations, ses thèmes et une explication de ce qui n'est pas du fantastique (merveilleux, féerique,...). A noter une bibliographie complète et qui donne pas mal de bonnes pistes de lecture. Si l'étude porte uniquement sur la littérature, elle reste utilisable pour des films, des séries TV (y compris le Doctor), la bande dessinée et même le jeu de rôle (j'en doutais un peu jusqu'à la partie de Patient 13 d'hier qui m'a prouvé que c'était bien possible). Donc, si l'on est bien motivé et que l'on s'intéresse au fantastique (attention, je ne parle pas de fantasy là), ce livre est juste indispensable.
On continue avec un second ouvrage théorique, L'Uchronie d'Eric B. Henriet, un des spécialistes de cette question. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est l'uchronie, je vous conseille l'article wikipedia sur le sujet qui est plutôt pas mal fichu et qui donne quelques pistes de lectures. En ce qui concerne l'ouvrage d'Henriet, on est face à une étude très intéressante du sujet, abordant sa naissance, son évolution, ses utilisations et de nombreux exemples détaillés. A souligner, là aussi une très belle bibliographie qui ne se contente pas des livres sur le sujet ou rentrant dans le genre puisqu'il évoque d'autres supports (série TV, comics, manga, BD, films, jeux vidéos, jdr, jeux de plateau ou même musique). Cette biblio s'accompagne d'un dernier chapitre intitulé "Quelle est la bibliothèque idéale de l'amateur d'uchronie" avec des choix détaillés et expliqués. Bref, de bien belles pistes de lecture pour rester dans ce genre passionnant. Quelques regrets cependant. Tout d'abord, l'auteur a tendance à spoiler les oeuvres qu'il cite et diminue l'attrait que celles-ci peuvent avoir. Enfin, je trouve qu'il manque deux des oeuvres où l'uchronie joue un rôle important. En effet, il ne parle ni de Doctor Who ni de Valérian. Et c'est bien dommage. Malgré tout, sa bibliographie ne peut pas être exhaustive et on lui pardonnera bien ces travers. Donc, encore une fois, un bouquin à lire, si l'on est passionné par ce type de littérature ou que, plus simplement, on souhaite la découvrir.
Bon, ça suffit un peu pour les livres théoriques, on va un peu parler de bande dessiné. Et pour ce faire, on va commencer avec Adele Blanc Sec. Donc après avoir trouvé le film assez mauvais (en même temps Besson quoi...), j'ai eu envie de relire les bandes dessinées que j'avais bien aimé il y a quelques années. J'ai donc relu les trois premiers tomes. Et j'ai trouvé ça finalement moyen. De bonnes idées mais un style vieillot et des histoires plutôt classiques. Donc pas une perte de temps mais loin d'être indispensable. Je lirai probablement la suite un de ces jours mais c'est loin d'être une priorité.
Retour au comics et au zombis maintenant avec 28 jours plus tard, volume 1, Sélénée.

Alors, déjà, j'ai adoré les films, je partais donc avec un à priori positif. Et là aussi, j'ai bien aimé. Ce n'est pas aussi extra mais on reste dans le haut de gamme des histoires de morts-vivants. Walking Dead fait bien pale figure à côté. On suit là les pas de Sélénée, une des survivantes du premier film qui retourne en Angleterre pour accompagner une équipe de journalistes. On en apprend plus sur le personnage et l'on voit clairement son évolution suite à ce qui lui est arrivé. Pour ce qui est du style, il est finalement assez classique, ne reprenant que peu celui de la couverture que je trouve superbe. Donc une très bonne lecture pour les fans de 28 jours et de 28 semaines plus tard. Et un bon moyen d'attendre 28 mois plus tard.
On reste dans le comic avec Transmetropolitan de Warren Ellis.

Bon, c'est sale, c'est hard, c'est vulgaire. Mais qu'est ce que c'est bon! On retrouve un peu le même style que dans The Boys en pire. C'est d'ailleurs le même illustrateur. L'univers est très cyberpunk avec une énorme fracture sociale et de nombreuses altercultures toutes plus diversifiées et flippantes les unes que les autres. Et au milieu de tout cela navigue Spider Jerusalem, un journaliste reflet de son monde qui va à la recherche du scoop et de la merde pour faire triompher la vérité, quels qu'ils soient et quel que soient les méthodes qu'il doit employer pour y arriver. Son premier article, il le commence par un ""Le rythme de la jungle bat sous mes pieds ; c'est le son des matraques qui frappent les boucliers anti-émeutes, une tradition quand les rues s'embrasent. Je suis à Angels 8, observant ce qu'on appellera sans doute l'émeute des Transités. Les vainqueurs écrivent l'histoire, en effet, et si la police choisit de l'appeler l'Emeute des Transités, alors tels sera son nom. Car le sang des Transités va recouvrir tout le quartier. Et vous savez quoi? Il n'y sont pour rien." Voilà, le ton est donné. Transmetropolitan, c'est un héros dur, sans concession. Et pour le lecteur, c'est une véritable claque. Jetez vous dessus. Vous n'en ressortirez pas indemne.
On continue dans le comics avec les deux premiers volumes de Star Wars Legacy que m'a prêté Ernest. Donc, c'est l'univers de Star Wars bien plus tard alors que les siths sont revenu au pouvoir. Bah pour le fanboy ça doit être extra. Mais pour le lecteur lambda ça se laisse lire, la qualité du scénar n'est pas mauvaise, le dessin plutôt bon. Mais finalement rien de transcendant. Personnellement, je lirai probablement la suite mais ce n'est pas sur ma liste d'achat, essentiellement parce que je regrette la trop grande proximité des comics avec les films. On retrouve énormément d'éléments communs de l'un à l'autre. C'est probablement bien pour les fans (de tunning ou de Star Wars, c'est la même chose) qui y voient des clins d'oeil, des allusions et peut être même une logique d'ensemble. Mais pour moi, ça me gave... Mine de rien, ils arrivent à nous préparer un "Je suis ta mère"
Et l'on va terminer avec House of M qu'Ernest m'a aussi fait découvrir.

Donc, la fille de Magnéto envoie tous les supers dans un univers parallèle où chacun aura ce qu'il a toujours voulu en perdant la mémoire sur tous les événements réels à l'exception de Wolferine qui se souvient de tout et qui va mener la révolte...
Alors, là, c'est un peu spécial pour moi. C'est une de mes premières lectures de comics de super héros "traditionnel" et une véritable découverte de l'univers Marvel. Et j'ai pris une immense claque... Le scénario est extra (j'ai passé les dernières pages à gueuler tout seul d'excitation comme un môme), les personnages sont très charismatiques et marquant. Bref, pour une entrée dans cet univers, elle est réussie et je pense bien ne pas m'arrêter là et commencer à acheter du Marvel d'ici peu (en particulier civil war, histoire de savoir ce qui se passe après House of M).
vendredi 9 avril 2010
Lectures bordelaises
Donc Notes 4 : Songe est mensonge tout d’abord. Tout le monde connaît déjà et a déjà lu les trois premiers volumes je présume. Et bien là, c’est la même chose : le blog de Boulet (cf. liens) mis sur papier avec des inédits qui portent, comme l’indique le titre du volume, sur les rêves et ce que l’auteur en pense. Très onirique, tordu, avec de la réflexion quand même et toujours aussi geek !





mercredi 3 mars 2010
Iouqruop erircé ne zorglangue ?
Ej sias, eédi’l tse ediputs. Elle a été eécnal snad enu noitasrevnoc euqinsm à al noc ceva enitsenre iuq a’m sruellia’d nu uep ivius snad ettec eédi. Siam etsuj à etitep esod. Eédi’l tiaté ed ressap enu eniames à reuqinummoc aiv tenretni te otxet tnemelleitnesse snad ettec eugnal. Ruop el tnemom ej ne’m erit sap port lam emêm is ia’j ud eriaf seuqleuq snoitpecxe.
Te ua egassap, no ne etiforp ruop relrap ed uorips. Uorips iuq tse’n nu’uq liavart imrap ertua’d ed niuqnarf, enu sed sednegél ed nom ecnafne. Siam, emêm is aç a illieiv, tse’c enu eirés iuq es til sruojuot issua neib. Is el egannosrep lapicnirp tse setrec essil, siam el les tse étroppa rap sel sertua, sli’uq tneios slitneg emmoc oisatnaf, enitocces, pips, el usram uo cangipmahc uo stnahcém à egami’l ed xuerffa’l nisuoc atnaz uo ud ruelliem ertne’d xue, Bulgroz. Ecrap euq iul, tse’c nu olagém ediva ed riovuop emmoc li ne etsixe tnat sertua’d. Tnemelues iul li a issuér. Te li a étnevni enu eugnal. Sel sertua sruetatcid ne sebreh tneiarved ne erdnerp ed al eniarg, sunim, xetroc, ipuop, el emong, tse’c ed suov euq ej elrap ! Cnod àliov, uorips, tse’c sruojuot apmys à eril nifne(, sel sneicna …nieh sel tuot sreinred tnessap )issua. Zetej ne reilucitrap nu puoc liœ’d à nrq rus gulbnezterb, nom puoc ed ruœc ud tnemom.
Te, ne reilucitrap ruop sel sneg sregna’d te xela, li y a enu etitep eriotsih iuq tuav el puoc à al nif ud ruegayov ud euqïozosém euq no’l tiarruop remusér rap: "te iom ej suov tid tuz !"
Aliov. Nonis, niuqnarf, ec tse’n sap euq uorips, tse’c issua notsag, el usram siam tuotrus sel seédi serion. Srola, aç tse’c à eril. Sulp euq tuot. Nu titep uojib, truoc, elôrd te erbmos emmoc no sel emia … ruop erulcnoc :
tnemellennoitutitsnocitna
eviv bulgroz!
vive zorglub!
vendredi 5 février 2010
Label 619: de la bonne came...
Alors, histoire de remédier un peu à cela, je vais parler de deux petites séries BD qui me plaisent bien en ce moment:
Mutafukaz et Freaks Squeele, toutes deux édités par Ankama Edition sous le label 619, label que je vais essayer de suivre avec attention. Autant le reste de leurs publications ne me tentent pas du tout (Dofus, Dofus, Dofus et encore Dofus...), autant ce qu'ils sortent sous ce label me tente bien. D'ailleurs, leur Rockabilly Zombie Superstar et Tank Girl qui devrait bientôt sortir me font aussi de l'oeil...
Pour avoir plus d'info que ce que je vais vous en dire et d'autres critiques, je vous conseille la BDthèque , leur site à eux et son forum même si ça sera plus partial.
Donc, je vais commencer par celui que j'ai lu en premier, Mutafukaz.
Alors, c'est l'histoire de Vinz et Angelo, deux types lambdas, inconnus sans importance dans la grande ville de Dark Meal City, une sorte de LA fantasmé. Seulement, après un accident, Angelino commence à avoir des hallucinations. ILS seraient parmi nous... Le voilà en fuite avec son pote Vinz (qui a la tête en feu depuis sa naissance), poursuivi par d'étranges individus et des forces armées non moins étranges... Et pendant ce temps, les catcheurs de Los luchadores semblent s'agiter... Niveau dessin, il faut quelques pages pour s'habituer au style mais après c'est nickel.
Et maintenant, la plus récente, Freaks Squeelz
Donc, là, premier argument: Florent Maudoux est le scénariste et le dessinateur. Et Florent Maudoux, c'est pas un inconnu, c'est un ancien de chez R. Il faisait du dessin et proposait des concepts de fig' pour eux. Il avait notamment bossé sur du Daiki, de l'Achéron et les Molochs... (Ya pas à dire, z'avaient du beau monde chez R).
Donc là il s'est mis à la BD et nous a sorti ça. C'est l'histoire d'une école de super-héros dans Paris. Une jeune école peu reconnue mais très offensive et qui veut faire sa place. On y suit essentiellement un groupe de trois personnages/loosers dans leurs aventures. Au départ, on a l'impression que l'on a mélangé deux sujets très mode: une école spéciale (HP pfffffff) et les supers-héros. Mais c'est bien plus que ça et c'est très bon. Et niveau dessin, on retrouve le style R et c'est toujours chouette.
Ces séries, je rentre dedans par le scénario qui est bien fichu à chaque fois, en amenant pas mal de pistes intéressantes à fouiller et laissant place à de l'action et beaucoup de rebondissement. Et c'est côté références culturelles et inspiration des auteurs que l'on est gâte. Je retrouve dedans plein de choses en relation avec ma culture à moi et tout ce que j'aime lire, voir,... On sent qu'ils ont été influencé par la BD européenne traditionnelle mais aussi par les mangas, les comics et pas mal de bons films/série. Niveau références, yen a à la pelle mais on peut par exemple citer le catch, Hellsing, FMA, Sacré Graal, Tarantino...
Donc deux séries et un label que je vous conseille à tous, vraiment... Et Mutafukaz 3 ne saurait tarder.
vendredi 8 mai 2009
sandman

Bon, par contre, faire un article potable là dessus, ça va être coton mais je vais faire de mon mieux (de toute façon, je serais probablement déçu). Pour commencer, je vous préviens, vous avez surement remarqué que je suis élogieux avec beaucoup de choses et ce très facilement. Prenez donc n'importe quel livre, BD, film, série, jeu ou autre que j'ai pu encenser devant vous et dites-vous qu'aucun de ces "instrument de la popculture" (merci Charles) n'est placé aussi haut dans mon estime que Sandman. Je considère que Neil Gaiman (l'auteur) nous livre ici une série tout bonnement géniale, un vrai chef d'oeuvre (et je pèse mes mots). Je vais arréter de dire juste "c'est génial, c'est génial, c'est génial", je pense que vous l'avez compris et passer à une critique plus structurée. Et puisque je ne sais pas comment m'y prendre on va faire ça en trois temps:
I Le dessin
II L'Univers de Sandman
III C'est génial (oui, je sais...)
I Le dessin
Ce n'est peut être pas logique de parler du dessin avant d'évoquer la la série dans son ensemble mais je préfère évoquer ce qui peut facher en premier. En effet, le dessins sont parfois critiqués car trop fouillis/variés/inégaux. Personnellement, cela ne me gène pas, je trouve que certaines planches sont vraiment superbes. Cependant, je comprend que l'oeil ne puisse pas être automatiquement attiré par ces dessins. Il faut aussi signaler que les illustrations ne proviennent pas toujours de la même personne et que les styles sont parfois très différents (des couleurs très chatoyantes à un noir et blanc assez simple). Les personnages n'ayant pas toujours exactement la même physionomie. Mais franchement, pour ceux que cela rebute, il faut dépasser cela et ce laisser entrainer dans cet univers onirique (d'ailleurs, je trouve que cette variation des dessins ainsi que les différents styles utilisés se prètent bien à un tel univers).
Il est aussi bon de signaler les couvertures qui sont toute le fait de Dave McKean et qui donnent une vrai identité à la série. Toutes utilisent le même style de technique (mélange d'illustrations classiques et de photographie?) et se fondent bien dans l'univers développée par Gaiman. A noter qu'ils ont tous les deux travaillés sur un conte pour enfant intitulé Le jour ou j'ai échangé mon père contre deux poissons rouges. J'y jeterai bien un oeil d'ailleurs.
Une autre chose qui peut interresser certains d'entres vous (sand? Yome? x?), c'est qu'il existe un album en marge de la série illustré par le designer de Final Fantasy, Yoshitaka Amano. Cet album se nomme "Sandman - Les Chasseurs de Rêves".
II L'Univers de Sandman
Sandman c'est une série de 9 volumes (lus mais pas encore tous achetés) + 1 épilogue (le 10, que je viens de finir) + 1 volume regroupant 7 histoires (1 par éternel, à lire) + le volume précédemment évoqué (avec Amano, à lire aussi). L'ensemble forme un tout bien complet mais on peut les lire séparément (je le conseille quand même parce que ce serait passer à côté de plein de choses essentielles). A signaler aussi que parmi toutes les récompenses qu'à reçue la série, il y a le prix du scénario du festival d'Angoulème 2004 (ça a été une grosse année pour les prix autres que le grand prix, jugez plutôt: Le combat ordinaire meilleur album, Sandman prix du scénario et Blacksad prix du dessin) et reste le seul comic a avoir jamais remporté le World fantasy Award (et franchement, quand on regarde les differents gagnants ça claque).
Dans cette série, nous suivons les aventures de Dream, un des éternels. Ceux-ci sont au nombre de 7 et qui sont chacun un élément important de la vie humaine, Royaume sur lequel il régne. On retrouve:- Destiny (le Destin, grand homme dans une cape portant un bouquin)- Death (la Mort, jeune fille habillée façon gothique et une des plus proche de Dream)- Desire (le Désir, le personnage le moins marquant de la série qui me semble un peu en retrait)- Despair (le Désespoir, grosse femme petite et repoussante)- Delirium (le Délire, anciennement Delight, le Ravissement, la petite soeur préférée de Dream, un des meilleurs personnages de la série, complètement délirante)- Destruction (la Destruction, l'Eternel qui a décidé de fuir ses responsabilités au sein de sa famille et qui se retrouve ainsi au centre de certaines intrigues).- et donc Dream, le personnage principal, le Reve, affublé de nombreux surnoms (Morphée, le marchand de sable, etc et donc Sandman). Il est représenté sous la forme d'un grand homme, parfois assez glacial mais qui en impose vraiment.
Le tome 1 nous présente un Dream prisonnier d'un humain qui cherchais originelement à capturer sa soeur - Death - et nous montre sa libération, sa vengeance puis la reconquete de son royaume (qui passe par la quête de ses attributs royaux et la reconstruction du palais et de ces environs). Les autres tomes nous présentent les différents aventures qui vont lui arriver par la suite que cela soit dans le monde du rêve ou dans le monde de "Veille". Et tout cela aboutira dans le tome 10 qui est l'aboutissement inéluctable de l'ensemble.
III C'est génial (et surtout, pourquoi est-ce si génial)
Bon, voilà maintenant venir la dernière partie, la plus dure je pense, dire en quoi Sandman est si extraordinaire.Cela vient tout d'abord de l'intrigue en elle même qui rebondit continuellement et qui arrive à tenir le lecteur en haleine. Une fois que l'on est dedans, on n'a pas envie de lacher l'album des mains et on veut finir, c'est difficile de faire une pause. Et une fois l'album fini, on veut passer au suivant. Evidemment, d'autres série arrivent à susciter une telle obsession mais jamais avec une telle intensité. Ensuite, les personnages sont très régulièrement attachants, énigmatiques, complétement tordus ou particulièrement drôles. Lorsque je parle des personnages, ce n'est pas ici pour Dream mais plus pour des personnages secondaires qu'il s'agisse de certains de ses freres et soeurs (personnelement, j'apprécie vraiment Death et je trouve Delirium extra), des habitants du royaume du rêve (Matthew, Cain et Abel, le Corinthien, Mervin - le jardinier - , Lucien - le bibliothécaire - ...), de notre monde (Hob, Lyta Hall, Rose, Thessaly ...) ou d'un autre (Nuala, Cluracan, la reine de féerie,...). Ce sont eux, ce sont leurs petites histoires, ce sont leurs rèves qui façonnent/modèlent le personnage de Dream (quel ironie, lui qui est justement surnommé Sire Modeleur!).
Le second aspect qui, à mon sens, fait tout l'intéret de cette série, c'est sa réelle qualité d'écriture. Au niveau littéraire, c'est de la très grande qualité, ça n'a rien à envier à de nombreux grand écrivains. Gaiman a vraiment un style qui lui est propre et que l'on retrouve dans ces romans (American gods par exemple, ou De Bon Présage, qu'il a écrit à quatres mains avec Terry Pratchett, une autre de mes idoles). Cependant, je trouve que son style se préte encore plus à du comics. Une autre caractéristique très littéraire que l'ont retrouve ici, c'est la multitude de références qui jalonnent le texte, qu'elles soit mythologiques (Bastet, Orphée ...) ou littéraire (Shakespeare avec Le Songe d'une nuit d'été et La Tempête ainsi que son amitié/rivalité avec Ben Jonson).Enfin, le paratexte a un rôle énorme dans Sandman, les préfaces sont généralement écrites par des individus reconnus et plein de connaissance et cela transparait clairement. Par exemple, celle du tome 10 est faite par un redacteur au magasine Rolling Stone et évoque entre autre, Maus, The Dark Knight et Watchmen tout en faisant un brève historique de l'influence des mythes dans les comics et de l'aboutissement que cela trouve dans Sandman. Ces préfaces valent réellement le coup (et il y a du Delany et du Stephen King quand même et celle de ce dernier est vraiment terrible). Ajoutez à cela les dessins bonus à la fin et les remerciement de l'auteur qui valent eux aussi le détour (un hommage à Zelazny, c'ets forcément sympa. Au passage, lisez le cycle d'Ambre, il vaut le coup).
Donc au final, tout cela aboutit sur une série tout bonnement merveilleuse (c'est le terme qui convient peut-être le mieux au final) qui vaut clairement le détour, allez-y, il ne faut vraiment pas passer à côté de ce petit bijou. Niveau frisson que cela procure, rien de ce que j'ai pu lire ou voir ne se rapproche de cela, lorsque je lis un album, chaque pause, c'est "waouh!" et lorsque je le finis c'est "waouh! waouh! waouh!" pendant des heures.Bon, un défaut quand même: depuis que j'ai découvert Sandman, je suis toujours (ou presque) déçu par les comics que je lis. C'est sympa mais ya tellement mieux... (bon, watchmen ça passe super bien quand même, hein...)
Maintenant, dés que je peux (Ernest, la balle est dans ton camps), je me paye les tomes qui me manquent et je me lis l'intégrale d'une traite (une semaine sans me voir je pense).
